Un 17 mai, est mort mon frère Bernard, d’aucun vous dirait que « paix à son âme » « sincères condoléances » tous les poncifs qui accompagnent la mort d’un membre de votre famille!
Bernard est mort faute de soins médicaux, d’une prise en charge responsable et dans les délais !
Elle l’a eu , mais qui me direz-vous, la maladie ? et je vous répondrai, en toute objectivité, NON, ce serait moins dur à vivre pour nous ; son épouse devenue responsable légale, celle en qui il avait donné sa confiance, sa vie, son temps, son oxygène, son corps, son âme, l’amour ; jusqu’à ces derniers jours où Bernard a senti, et compris, qu’elle ne lui donnerait rien, ni du temps pour le rassurer, ni l’accès aux soins d’urgence, encore moins une présence protectrice, tendre et affectueuse à défaut d’amour , et plus encore son refus catégorique, voire hystérique de toute présence la nuit, surtout pas la nuit, on ne sait jamais ; Bernard aurait pu demander de l’aide pour se lever , boire, l’aider dans les angoisses de la nuit !
Alors j’ai pris le relais durant 15 jours, auprès de lui dans une clinique toulousaine réputée, où chaque jour ne suffirait pas à raconter l’horreur, les morts, l’humiliation, le laisser aller , le manque de soins,le manque de moyens, un système informatique en panne, nous sommes en FRANCE dans une clinique qui se targue bientôt de rejoindre le plus grand « CANCEROPOLE » européen; un Centre, concentration d’espoir de plus, des patients qui se croient protéger par une charte affichée des droits du Patient, mais qui s’avère sans aucune valeur ; car les droits du malade sont oubliés, spoliés et le plus terrible, c’est de constater le Patient fragilisé, que l’on écoute à grande distance, qui n’a plus la force morale de s’indigner de l’abandon, et subit l’erreur de jugement, de choix vital du bon responsable légal.
Car alors, ce dernier se retrouve investit de tous les pouvoirs de vie et de mort, qui peut devancer en toute légalité la prise de décision ultime, et aussi s’impatienter à haute voix, lorsque les choses ne vont pas assez vite, et nous, les soeurs, et son frère, les visiteurs observateurs impuissants, assistons à cette corrida abjecte où la mise à mort se fait sans prise de risque, le Patient n’ayant plus la force de combattre, et n’a plus droit au chapitre.
Les questions de l’interne : Quel est votre projet de vie à court terme Mr H ? Réponse de Bernard, sortir, conduire ma voiture, amener ma femme au restaurant !!!
Cette question a été posée à 3 reprises en moins de 20mn! Après la visite, je me suis entretenue avec l’Interne, qui devait avoir des problèmes de surdité, et ce dernier m’a précisé que j’étais tolérée…
Le conjoint responsable légal est un vrai ministère régalien à lui tout seul, et force est de constater avec horreur, dans les larmes, les multiples demandes d’explications; la manipulation, les mensonges du personnel médical, tout dévoué aux ordres du responsable légal, qui autorise à dispenser des pseudo-soins, et nous, de déplorer l’effroyable pour arriver à la décision finale : la mort d’un homme!
Depuis, j’essaie de comprendre cette machine à broyer, la trahison de ces blouses blanches qui se targuent de tous les pouvoirs alors que beaucoup sont déconnectés de toute éthique, dépendants de budgets, et de statistiques avec de très jeunes collaborateurs internes, confrontés à des maladies graves mais dotés d’un cynisme et d’une indifférence qui font froid dans le dos!
Tout cela, je l’ai vu, j’ai essayé de combattre, de sauver mon frère de l’indicible ; c’était sans compter, sur l’oncologue qui bénéficiait de la complaisance malsaine et scandaleuse de l’épouse de mon frère et ainsi cacher son incurie, après avoir abandonné mon frère durant des mois, ignoré ses appels au secours, car enfin, de quoi se plaint-on, les statistiques démontrent une médiane de survie à 24 mois dans le cas de Bernard, il est vivant depuis 4 ans et 2 mois… propos tenus par l’oncologue de mon frère!
Bernard n’est pas mort de son cancer, mais d’une occlusion qui s’est installée insidieusement, mais sûrement et occultée par un médecin traitant, lequel tout en visitant « son grand copain » confiant dans le diagnostic du Professionnel de Santé, rédigeait sans problème une ordonnance pour une gastéro-entérite, sans jamais examiner physiquement son patient!
Pourtant un simple examen, une palpation de l’abdomen aurait permis de poser le diagnostic de l’occlusion surtout après une opération de chirurgie digestive ; ce même médecin traitant qui n’a pas hésité à rédiger, avec une rare désinvolture, plusieurs arrêts maladie pour la conjointe, responsable légale, qui ne souhaitait pas visiter son mari, en posant des arrêts sur ses congés payés! A croire, qu’elle connaissait à 24heures près la date exacte de la mort de mon frère!
J’ai tenté, de comprendre comment mon frère en était arrivé là alors que nous avions eu une alerte grave une année plus tôt, et où j’avais réussi à exiger des soins post-opératoires et le sortir des soins palliatifs; alors que déjà son épouse, sa tendre moitié, l’avait condamné en interdisant « tout acharnement thérapeutique », celui-ci consistant à poser une VVC (voie veineuse centrale) pour le nourrir, et l’hydrater, du sirop prinpéran pour les nausées ! c’est tout!
Bernard a repris des forces, sa vie, acheté une voiture de sport, est reparti pêcher, une année magnifique, il avait pardonné à son épouse formidable parce qu’il avait décidé de ne pas croire à l’incroyable perfidie d’une épouse qui fait partie intégrante du corps médical ; manipulatrice en radiologie mais surtout de la bonne pensée, pour oser diagnostiquer une plainte précise de son mari qui aurait du l’alerter car placer à l’endroit de la néphrectomie en » ça va aller ma caille » c’est normal!
Le temps passant, un frère jumeau apporte le journal du matin, trouve Bernard allongé, sur son canapé, seul, replié dans sa douleur, aussitôt son frère appelle les urgences, un scanner est passé, l’occlusion est bien là , à un stade très avancé, hospitalisé dans un CHU réputé, « encore », l’opération est programmée, déprogrammée, je descends de PARIS, et enfin il est opéré, mais la messe est dite, Bernard ne survivra pas, à ce qui est devenu une perforation intestinale par le fait d’une indifférence coupable d’une responsable légale qui s’est acharnée à refuser tous soins, devenus systématiquement dans sa bouche, de l’ acharnement thérapeutique alors que l’on ne parlait que d’un accès aux soins d’urgence, dès lors qu’ils sont prodigués dans les temps
J’aime l’optimisme et l’empathie de David SERVAN SHREBER qui lui à la chance d’accéder à ce qui se fait de mieux dans l’oncologie, et surtout d’être merveilleusement entouré de sa famille qui l’aime vivant!
On peut se dire plusieurs fois « ADIEU », oui lorsque les choses ne sont pas biaisées, et que le patient, ne tombe pas dans les mains d’un être diabolique, car lorsque celui-ci a décidé que le malade n’avait plus sa place au domicile, et cela ne s’invente pas, et bien la médecine s’exécute parce qu’il faut bien le dire, budgétairement, et pris en défaut de non assistance à personne en grand péril, se rend alors complice d’une euthanasie dont je n’ai pas pu empêcher sa réalisation, dans des conditions indignes, le temps d’aller chercher un maudit café!!
Je n’ai plus revu mon frère vivant, il a sombré dans les abîmes d’un monde qui l’effrayait, mais finalement, Bernard, mon frère, le monde que nous avons vu tous deux, durant 15 jours est terrifiant et j’ose croire que le rivage qui t’a accueilli, ne peut que te réserver meilleur sort que celui que tu as subi depuis le 18 mars jusqu’à cette nuit du 17 mai à 0h58
Comment leur pardonner, jamais, ils m’ont pris mon frère, tout ce beau monde a repris le cours normal des choses, l’épouse modèle a enfin pris des congés »payés » pour s’occuper du côté administratif pour obtenir les assurances vie, conduire ta voiture de sport, maquillée avec outrance et habillée comme une page de magazine, et ainsi effacer en moins d’une semaine toute trace de Bernard, mais pourquoi tant de hâte, elle qui avait une attitude en public, d’épouse modèle, alors qu’elle a démontré une violence inouïe, une détermination monstrueuse pour que tu partes avant les vacances d’été, etc.
Voilà, comment, on efface le plus simplement du monde, son mari!
Un mois et 12 jours se sont écoulés, sans aucune nouvelle, aucune visite, Bernard a rejoint le caveau familial, ce dernier avait compris les derniers jours que la préoccupation principale de son épouse était orientée sur ceux qui s’occuperait de la toilette mortuaire, et d’organiser en 24heures une bénédiction pour celui qui lui avait assuré une vie de rêve, père de ses filles, en une homélie insipide, avec des étrangers pour parler de la vie de mon frère, que je ne reconnaissais pas, encore des fantasmes, des mensonges, mais surtout un déni de toute la vie de celui qui a tant donné à sa famille!
Avec ces gens là, il est impossible de garder la moindre relation, ils sont responsables d’avoir permis à un système de santé défaillant d’oeuvrer en association pour « effacer » un dossier, mais n’oublions jamais, que derrière ce dossier il y avait un Patient, un Homme, mon Frère Bernard qui a été la victime de tous leurs manquements !
Bien entendu, tout ce que j’affirme, je l’ai vérifié grâce aux comptes-rendus de scanners que j’ai pu me procurer ; j’ai demandé le dossier médical , j’ai du faire la preuve de ma filiation, c’est chose faite, mais je ne doute pas qu’il me faudra beaucoup de temps pour confondre l’inconcevable, l’élimination intentionnelle de mon frère!
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